
Vous aimeriez passer dans les media. Mais entre ce que vous avez à dire et ce qu’un journaliste choisit de couvrir, il y a un filtre que beaucoup sous-estiment : l’angle médiatique.
Pour rendre son actualité intéressante pour un journaliste, il faut répondre à une question qu’il se pose à chaque sollicitation reçue : pourquoi mes lecteurs devraient-ils lire ça aujourd’hui ? Un journaliste reçoit des centaines de mails par jour. Si votre sujet ressemble à quelque chose qu’il a déjà traité, il n’en fera rien. Si vous ne lui donnez pas de raison d’en parler maintenant, il ne le fera pas non plus.
J’ai eu l’occasion de revenir sur ce mécanisme dans le podcast Micro Écriture d’Élise Giraudau, dont le roman La Vie en Turquoise est sorti en avril 2024 aux éditions Lézard des Mots (désormais chez Solleyre). Cette collaboration, illustre concrètement comment se construit un angle médiatique.
Convaincre un journaliste que votre actualité mérite d’être couverte revient à lui donner un sujet qu’il peut défendre en conférence de rédaction, une raison de le publier maintenant, et un lien avec la ligne éditoriale de son media. 3 leviers permettent de construire ce pont entre votre actualité et ce que les rédactions cherchent à couvrir.
Raccrocher votre actualité à un enjeu plus large consiste à identifier ce qui, dans votre projet, dépasse votre seul secteur d’activité. Votre actualité n’a pas besoin d’être révolutionnaire. Elle doit être différenciante. Un journaliste qui reçoit un sujet qu’il a déjà traité 15 fois ne prend pas la peine de l’ouvrir.
Un journaliste s’intéresse au « petit truc qui change » : un engagement environnemental concret, des valeurs portées publiquement, une prise de position sur un sujet, … Ce levier est particulièrement adapté aux entreprises qui portent des valeurs fortes ou en lien avec un contexte de société (santé, environnement, inclusion). Il ne s’agit pas de parler de vous mais plutôt de montrer ce que votre actualité dit du monde autour de vous.
Posez-vous cette question avant tout envoi : est-ce qu’il y a quelque chose dans mon sujet qu’un journaliste n’a pas encore traité avec ce point de vue précis ? Si la réponse n’est pas claire, l’angle est à retravailler.
La presse locale est souvent sous-estimée dans une première campagne de relations presse. Elle représente pourtant une opportunité concrète, notamment pour les entreprises qui n’ont pas encore de présence nationale.
Un journaliste régional cherche des sujets ancrés dans son territoire : un dirigeant qui s’engage, une entreprise qui franchit une étape, un événement, …
Toute parution compte, quelle que soit l’audience du media. Une parution dans un media régional, lue par les bonnes personnes, crée du mouvement autour de votre actualité. Vous construisez une présence media à un endroit précis avant de chercher une couverture nationale.
Les journées mondiales, journées internationales et mois thématiques structurent l’agenda éditorial de nombreuses rédactions. Les journalistes planifient leurs dossiers sur ces dates parfois plusieurs semaines à l’avance. En arrivant avec un sujet raccroché à l’une d’elles, vous vous inscrivez dans un créneau que la rédaction a déjà prévu de couvrir.
Ce levier suppose d’anticiper ses relations presse. Les media mensuels bouclent leur numéro parfois 6 à 8 semaines avant leur date de parution.
Les clients qui viennent me voir arrivent souvent avec une première idée d’ancrage calendaire. C’est un bon réflexe : plus l’ancrage est précis, plus le travail de sourcing qui suit sera ciblé.
À retenir
3 leviers pour rendre son actualité intéressante pour un journaliste :
- l’ancrage sociétal : ce qui, dans votre actualité, sort de l’ordinaire et touche une question qui dépasse votre seul secteur ;
- l’ancrage géographique : valoriser votre présence locale ou régionale comme point d’entrée dans la presse de proximité ;
- l’ancrage calendaire : raccrocher votre actualité à une journée mondiale ou un temps fort de l’agenda pour vous inscrire dans un créneau éditorial déjà planifié.
Avant tout envoi, identifiez lequel de ces leviers s’applique à votre actualité. Si aucun ne vous vient spontanément, l’angle n’est pas encore défini.
La campagne presse pour La Vie en Turquoise illustre la mise en œuvre concrète de ces leviers. Voici comment l’angle a été construit, étape par étape.
La Vie en Turquoise est une auto-fiction dans laquelle Élise Giraudau raconte le cancer des ovaires de sa sœur et sa propre place de proche aidante. Le sujet portait en lui l’ancrage sociétal nécessaire. La question était de trouver comment l’activer au bon moment.
Le point de départ a été Septembre Turquoise, mois de sensibilisation aux cancers gynécologiques, moins médiatisé qu’Octobre Rose. Ce décalage ouvrait un espace précis : proposer aux media qui traitent déjà les cancers féminins un sujet ancré dans le même domaine. En parallèle, j’ai recherché des chiffres sur les cancers gynécologiques en France pour les intégrer dans le communiqué de presse. Cela a permis de contextualiser le roman au-delà du récit personnel d’Élise et lui donner une dimension de santé publique.
C’est souvent ce glissement de perspective qui rend un sujet traitable pour un journaliste : non pas l’objet en lui-même, mais la question de société qu’il illustre.
Pour constituer la liste de media, j’ai structuré le ciblage autour de plusieurs entrées :
En parallèle, j’ai proposé des angles complémentaires auxquels Élise n’avait pas nécessairement pensé : féminité, acceptation de son corps, vécu du proche aidant. Ces entrées ouvraient des portes vers des media féminins et sociétaux au-delà de la santé au sens strict.
La campagne a généré 42 retombées presse, dont une dans Konbini, media généraliste digital à forte audience. Sur un roman publié dans une maison d’édition indépendante, sans notoriété nationale préalable, ce résultat est rare. Je le dis clairement à chaque client : je ne peux pas promettre une parution dans Konbini à tout le monde. Elle s’est produite ici parce qu’on était sur un gros sujet de société.
Les autres retombées pour cette campagne presse couvraient des media santé, des podcasts littéraires et la presse locale dans plusieurs villes liées à l’autrice. Cette diversité est le résultat direct des angles travaillés en amont.
À retenir
la campagne de La Vie en Turquoise illustre la diversité des retombées (Konbini, media santé, presse locale, podcasts) est la conséquence directe d’un angle construit avant le premier envoi, sur plusieurs niveaux simultanément. Un seul levier activé aurait limité à la fois le sourcing et les retombées.
Trouver l’angle ne s’improvise pas et ce n’est pas un travail que vous réalisez seul. C’est une co-construction entre vous et l’attachée de presse, dès le premier échange. Elle apporte sa connaissance des media et de leurs lignes éditoriales. Vous apportez votre expertise du sujet, votre vision, et votre disponibilité pour les interviews.
La co-construction commence au premier échange. J’ai besoin de bien connaître la personne dont je vais parler aux media, de comprendre son actualité, son marché, ses événements à venir.
Le communiqué de presse, une fois rédigé, répond à des normes journalistiques précises : écriture factuelle, phrases courtes, mots accessibles. Avant tout envoi, vous le lisez et le validez. Car c’est sur ce document que les journalistes qui diront oui s’appuieront pour préparer leurs interviews. Il faut que le communiqué respecte ces règles journalistiques.
De votre côté, votre rôle est de rester disponible pour les échanges en cours de campagne : partager les évolutions de votre actualité en temps réel, honorer les interviews obtenues. La confiance construite avec les journalistes via ce travail commun prend du temps. Elle peut à l’inverse s’effriter très vite.
Si vous souhaitez rédiger votre communiqué vous-même, le service de correction de communiqués de presse vous permet de le faire vérifier avant tout envoi.
Une fois le communiqué validé, je constitue ma liste de media. Ce n’est pas un envoi groupé à toutes les rédactions possibles et inimaginables. C’est un ciblage précis, construit sur la connaissance des lignes éditoriales et des journalistes les plus susceptibles d’être réceptifs au sujet.
Je mets en place une interface de suivi accessible au client en temps réel : envois effectués, réponses reçues et relances effectuées. Dans les relances j’essaie de rappeler l’ancrage d’actualité. Pour la campagne de La Vie en Turquoise, chaque relance rappelait l’imminence de Septembre Turquoise.
Une veille est maintenue tout au long de la campagne : si un journaliste traite un sujet connexe, je lui signale en quoi mon client l’aborde sous un angle différent ou complémentaire.
Je ne peux rien promettre en termes de retombées. Le journaliste reste seul maître de sa ligne éditoriale. La décision finale se prend en conférence de rédaction avec le rédacteur en chef. Il arrive que des interviews soient réalisées et ne soient jamais diffusées : une actualité nationale majeure peut déplacer votre sujet dans les priorités de la rédaction.
Je peux vous garantir la qualité de l’angle construit, la rigueur du sourcing et le soin des envois personnalisés. Le reste appartient aux rédactions. Un journaliste peut aussi être réceptif parce qu’il reconnaît le nom qui signe le mail. Mais la pertinence du communiqué par rapport à sa ligne éditoriale prime dans tous les cas.
Je suis honnête en amont sur les sujets pour lesquels je ne vois pas d’angle. Si je ne me sens pas en mesure de construire quelque chose de solide, je refuse le dossier. Cela ne signifie pas qu’une autre attachée de presse ne pourrait pas y arriver : chacun a ses appétences et son réseau.
La confiance que j’ai bâtie depuis 2013 avec les rédactions ne se sacrifie pas pour un seul dossier. Il faut que chaque sujet que je porte soit solide et crédible et constitue une vraie information.
À retenir
Ce que fait une attachée de presse :
- construire l’angle avec vous, rédiger et valider le communiqué de presse, cibler les media pertinents ;
- gérer les envois, les relances et la veille tout au long de la campagne ;
- vous tenir informé en temps réel de chaque retour de rédaction.
La qualité de l’angle, la rigueur du sourcing et le respect des engagements pris auprès des journalistes sont garantis. Les retombées, elles, appartiennent aux rédactions.
L’angle médiatique désigne la façon de présenter votre actualité pour qu’un journaliste puisse la raccrocher à sa ligne éditoriale et à un moment pertinent. Ce n’est pas l’information elle-même, mais le prisme / point de vue sous lequel vous la présentez : un enjeu de société, une date symbolique, un ancrage géographique. Rendre son actualité intéressante pour un journaliste passe précisément par ce travail, qui se fait avant l’envoi du communiqué.
Oui. Un angle géographique (presse locale, régionale), un angle sectoriel (media spécialisés dans votre domaine) ou des dates d’événements (inaugurations, conférences) peuvent convaincre certains media. Une parution dans un media régional ou spécialisé, lue par les bonnes personnes, génère du mouvement autour de votre actualité. Parmi mes clients, certains obtiennent leurs premières parutions significatives dans la presse locale, bien avant d’intéresser des media nationaux.
Est-ce qu’un journaliste qui ne vous connaît pas peut comprendre en une phrase pourquoi votre actualité intéresse ses lecteurs, aujourd’hui ? Si la réponse n’est pas immédiate, l’angle a besoin d’être affiné. Et si vous avez l’impression que votre sujet a déjà été traité des dizaines de fois dans les media, cherchez ce qui, dans votre version, sort de l’ordinaire : un territoire précis, une journée mondiale, une dimension humaine que les autres traitements n’ont pas couverte.
🎧 Vous pouvez écouter l’épisode de podcast ici 👈. (« 154 – À quoi sert d’avoir une attachée presse quand on est autrice, avec Adeline Cointe », sur Micro Écriture par Élise Giraudau.)
Qu’il s’agisse d’une sortie de produit ou d’une étape majeure pour votre activité, chaque actualité peut potentiellement intéresser un journaliste. La question est de savoir sous quel angle la lui présenter, et à quel moment.
Si vous voulez identifier l’angle de votre actualité et les media les plus pertinents pour en parler, contactez-moi pour un premier échange autour de votre projet de relations presse.
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